Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de supprimer deux jours fériés : comme je l’ai déjà exprimé sur ce blogue, j’aurais préféré qu’on transforme un certain nombre de jours fériés d’origines catholique en jours fériés laïques, susceptible de rassembler l’ensemble de nos concitoyens, et ce quelles que soient leurs convictions religieuse. En fait il s’agit uniquement d’ un subterfuge pour augmenter de 14 heures la durée annuelle du travail et pour diminuer a due proportion les salaires puisqu’on travaillera ces 14 heures de plus pour le même salaire. Rien à voir avec le prétexte de la journée de solidarité qui, du temps de Raffarin, a sacrifié le lundi de Pentecôte pour financer la dépendance des personnes âgées.
Mais en admettant que ce soit nécessaire à l’équilibre de nos finances publiques, le choix du lundi de Pacques (comme en son temps le lundi de Pentecôte) qui certes est lié à une fête chrétienne mais n’en est pas proprement une et résulte de ce que la fête tombe forcément un dimanche, ne pose pas de problème de principe. Il n’en est pas de même du choix du 8 mai qui célèbre la victoire contre le nazisme avec tout ce que cela signifie en termes de mémoire collective. L’européen convaincu que se dit être le Premier ministre aurait pu proposer que l’on translate cette date sur le lendemain, « le jour d’après », le 9 mais, non pour nous aligner sur les russes, mais pour célébrer en même temps que cette victoire la construction européenne dont l’objectif était justement que ces événements tragiques ne se reproduisent pas. Mais non, bien sûr, puisque tel n’était pas l’objectif.
Alors s’il faut vraiment sacrifier une deuxième journée de congé sur l’autel du retour à l’équilibre des finances publiques je propose au Premier ministre de substituer à son choix du 8 mai, le 15 août, jour de la Saint Napoléon, devenu férié par décret du 19 février 1806 pour célébrer en même temps l’anniversaire de l’empereur, saint Néopolus, obscur martyre du 3ème siècle et en qui on a voulu voir l’origine du prénom Napoléon, la signature du concordat avec le pape et, par raccroc, l’Assomption (qui n’a été définie comme dogme de foi qu’en 1950 par Pie XII).
Arles, Saintes Maries de la Mer, le 15 août 2025
Postscriptum wikipédiesque :
- Décret du 19 février 1806 (extraits)
Art. 1er. La fête de saint Napoléon et celle du rétablissement de la religion catholique en France seront célébrées, dans toute l’étendue de l’empire, le 15 août de chaque année, jour de l’Assomption et époque de la conclusion du concordat.
Art. 2. Il y aura, ledit jour, une procession hors l’église, dans toutes les communes où l’exercice extérieur du culte est autorisé ; dans les autres, la procession aura lieu dans l’intérieur de l’église.
Art. 3. Il sera prononcé, avant la procession, et par un ministre du culte, un discours analogue à la circonstance, et il sera chanté, immédiatement après la rentrée de la procession, un Te Deum solennel.
Constitution dogmatique Munificentissimus Deus, de Pie XII ( :
« Par l’autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et par Notre propre autorité, Nous prononçons, déclarons, et définissons comme un dogme divinement révélé que l’Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire céleste »
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