Démocratie & Spiritualité, Sur le fil

Vers un sursaut collectif pour faire face au chaos du monde

Je reproduis ci-dessous le rapport moral et d’orientation que j’ai présenté at qui a été adopté par l’assemblée générale du 30 mai 2026 après avoir été approuvé par le Conseil d’administration du 5 mai 2026.

 

 

Vers un sursaut collectif pour faire face au chaos du monde

 

 

« Nous vivons une crise de civilisation où se mêlent incertitudes, désordres et possibilités de métamorphose. » 

L’assemblée générale 2026 se déroule dans un double contexte :

  • Sur le plan interne c’est une année de renouvellement du conseil d’administration (CA) : elle a donc à fixer le mandat qui sera donné au nouveau CA pour les deux années à venir en tenant compte du bilan des orientations qui ont été suivies au cours des dernières années.
  • Elle est marquée aussi par un contexte international, national et européen particulier, dont il faut tenir compte aussi pour ajuster nos orientations aux enjeux du moment..

Tel est l’objet de ce rapport moral et d’orientation.

Il s’appuie sur le rapport d’activité 2025 ainsi que sur le rapport comptable qui en est la traduction financière.

  1. Démocratie(s) en danger, Spiritualité(s) à la dérive : quelles raisons d’espérer ?

 

Cette partie constitue une libre interprétation des échanges des derniers mois au sein de l’association, notamment lors du séminaire Sol invictus du 24 janvier et de la conviviale interne du 17 février 2026

 

« Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

Le rapport moral de l’année dernière appelait à un effort de lucidité. Celui-ci est plus que jamais nécessaire que ce soit sur les terrains de la démocratie ou sur celui de la spiritualité, ou plus précisément des démocraties et des spiritualités, notamment religieuses.

  1. Démocraties illibérales, démocratures : la démocratie en peau de chagrin

« La vague démocratique amorcée il y a plus de 50 ans a cédé la place à ce que des universitaires appellent une « récession démocratique ». La démocratie a reculé, retombant selon certains indicateurs à ses niveaux de 1985, avec 72 % de la population mondiale vivant maintenant sous des régimes autocratiques. La Russie et la Chine sont moins libres aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Et désormais, c’est aussi le cas des États-Unis. »

Tous les constats convergent : la démocratie recule à l’échelle internationale, notamment la forme particulière qu’elle a prise avec la démocratie libérale et représentative, qui s’était imposée après la chute des démocraties populaires.

Celles-ci ont disparu faute d’avoir su intégrer la nécessité de respecter les principes des droits de l’homme, avec en corollaire le risque qu’avait identifié Tocqueville de “tyrannie de la majorité” , mais aussi faute d’avoir su continuer à exprimer à travers le système du parti unique les aspirations des peuples.

Ce déclin des démocraties est confirmé par de nombreux rapports comme l’illustre la phrase mise en exergue ainsi que le graphique suivant.

 

Sources: V‑Dem – Democracy Report 2024–2026. International IDEA – Global State of Democracy 2023–2024. Freedom House – Freedom in the World.

Aujourd’hui, cette remise en cause de la démocratie, c’est d’abord le fait des idéologies national-identitaires et leur corollaire populiste et autoritaire. Mais la démocratie a aussi été abimée par des décennies d’hégémonie de l’idéologie néolibérale, une idéologie qui priorise le marché comme instance de régulation des rapports entre les humains avec sa méfiance corrélative vis-à-vis de la démocratie, celle-ci étant réduite aux procédures de désignation des dirigeants et représentants. A cet égard, on n’a pas assez réfléchi aux autres formes que la mondialisation aurait pu prendre, par exemple en s’inspirant de ce qui a été tenté au sein de l’Union européenne avec plus ou moins de succès.

D’ailleurs la démocratie représentative et les élections qui en sont la manifestation sont pensées comme un marché dont chaque candidat vise à augmenter la part qu’il détient  : « Selon la conception libérale et individualiste dominante, la voix est principalement celle qu’on donne par son vote : c’est une « voix muette » qui s’agrège aux autres. ». Conséquence, toutes les autres formes de démocratie intermédiaire comme la démocratie sociale et ses diverses déclinaisons (paritarisme, démocratie sanitaire, etc…) ont été minimisées, notamment depuis 2017. La proposition récente de suppression de l’obligation pour chaque région de mettre en place un Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional) à la faveur d’un amendement à une loi sur la simplification témoigne de cette minimisation de la représentation de la société civile organisée.

Sans vouloir abuser de la référence gramscienne, il est clair que la pensée néolibérale, élaborée dans l’après-guerre, est devenue hégémonique depuis la fin des années soixante-dix. S’appuyant sur les travaux engagés dans ces mêmes années soixante-dix, au sein de ce que l’on a appelé à l’époque la Nouvelle droite et le courant métapolitique structuré autour de son emblématique Grece, c’est aujourd’hui l’idéologie national-identitaire qui a pris le relais. Les évolutions récentes du courant libertarien illustrent la convergence entre ces deux sources de remise en cause de la démocratie.

L’une et l’autre ont généré leur novlangue. Une novlangue, d’inspiration managériale pour la première qui a inspiré par exemple le nouveau management public (“new public management”) qui a lui-même contribué à l’affaiblissement des services publics avec des effets délétères sur la cohésion sociale. Une novlangue beaucoup plus dure pour la seconde qui conduit à brutaliser le discours  et à exclure des mots du vocabulaire, par exemple par Vladimir Poutine et Donald Trump.

Le poids pris par la galaxie Bolloré, comme les opérations de désinformation étrangères au moment des élections montrent, à l’envers du programme du CNR qui prévoyait « le rétablissement de la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères », l’importance des moyens mis en œuvre pour assurer cette hégémonie idéologique, manipuler les opinions et affaiblir ainsi la démocratie.

  1. Le religieux dévoyé  

« Le religieux peut devenir un instrument d’emprise lorsqu’il se coupe de l’esprit critique et de la liberté intérieure. »

A l’image de la langue d’Esope, les religions peuvent être le pire ou la meilleure des choses. Le rapport moral de l’année dernière mettait l’accent sur la face sombre des religions et leur contribution, pour la plupart d’entre elles, à la remise en cause de la démocratie et de la fraternité humaine.

Sur ce terrain, la situation ne s’est guère améliorée depuis l’année dernière, et l’on pourrait reprendre à l’identique le diagnostic qui avait été porté, même si les excès auxquels elle conduit provoquent des réactions qui peuvent laisser espérer une forme de reflux, comme on le verra après.

Quelques exemples récents :

  • Le poids d’une lecture littéraliste de la Bible dans la stratégie de l’extrême droite israélienne et le soutien qui lui est apporté par les évangélistes américains.
  • L’interprétation de la parabole du bon samaritain par JD Vance, assimilant à tort le prochain aux proches par opposition au lointain, à l’étranger, reprenant ainsi un propos de Jean-Marie Le Pen il y a une trentaine d’années.
  • Le soutien de l’invasion de l’Ukraine par l’Église orthodoxe russe.
  • Le soutien des islamistes radicaux à l’oppression du peuple en Iran et à la répression contre le mouvement “Femmes-vie-liberté”.
  • La poursuite d’une forme de fascisme hindouiste par Modi en Inde.
  • La persistance de discours religieux radicalisés dans les conflits au Sahel.
  • Et même en Europe un usage culturel ou civilisationnel du christianisme, des “racines chrétiennes” présentées comme marqueur d’appartenance et frontière symbolique.

Évidemment ces critiques des religions ne sauraient justifier en rien la montée des actes antireligieux à laquelle on assiste aujourd’hui en France.

  1. Des raisons d’espérer

« L’espérance est la chose la plus difficile : elle est l’espérance des désespérés »

Les événements qui agitent le monde, mais aussi l’Europe et la France, avec  leur cortège -l’hystérisation des débats, la guerre, la novlangue et les vérités alternatives, etc.-  sont vécues par beaucoup d’entre nous comme une sorte de tsunami entraînant un sentiment de sidération, le sentiment de ne pas avoir prise sur les événements, avec les risques du découragement voire l’abattement qui en résulte. Face à cela, on ne peut, après Gramsci et Romain Rolland, qu’opposer au “pessimisme de la raison “,  “l’optimisme de la volonté ». Mais sur quoi fonder cet optimisme de la volonté, que beaucoup d’entre nous appellent l’espérance : ; « Il faut toujours espérer, même quand on est lucide. » nous dit le philosophe juif de l’altérité Emmanuel Lévinas ; relayé par  « l’espérance commence là où tout espoir humain a pris fin » du personnaliste chrétien Emmanuel Mounier ; ou par « là où naît le désespoir, l’espérance commence à se lever» du poète soufi Rûmi. « L’espérance ne se contente pas du possible ; elle exige l’impossible pour que le possible advienne. » pourrait-on conclure avec le marxiste Ernst Bloch.

Mais l’espérance ne relève pas pour autant de la méthode Coué, de “l’autosuggestion consciente”. Elle s’enracine d’abord dans un travail d’intériorité. Elle requiert aussi une exigence intellectuelle pour penser ce monde, ses soubresauts, et discerner des raisons d’espérer. Des raisons qui sont tout autant celles “du coeur” que “de la raison” proprement dite, pour reprendre la célèbre distinction de Pascal

On peut s’appuyer aussi sur des signes positifs :

  • Parmi les critiques les plus radicales des courants nationaux-identitaires on trouve souvent les autorités religieuses, au sein du christianisme, comme le sermon de Mariann Edgar Budde, évêque  épiscopalienne de Washington lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump, ou comme dans sa version catholique avec les récents propos du pape sur la politique du même Donald Trump ou sur l’interprétation de la notion de prochain par son vice-président, JD Vance.
  • Sur le terrain de la démocratie on a vu se développer un désir de démocratie participative qui s’est exprimé au moment du mouvement des gilets jaunes puis par des initiatives innovantes, comme les conférences citoyennes, le grand débat, l’usage du droit de pétition, qui, même si elle n’ont pas eu de débouché, témoignent de la capacité d’investissement des citoyens.
  • Face à la brutalisation et à l’hystérisation des échanges qui risquent de décrédibiliser la démocratie, le besoin s’exprime de retrouver une “éthique du débat” qui rejoint certains de nos travaux.
  • Il faut souligner aussi la capacité de résilience des peuples face à la soumission : les sociétés disposent d’une énergie propre, faite de solidarités, de mobilisations, de créativité collective, ce que Bertrand Badie appelle “l’énergie sociale”, qui peut déborder ou contourner les institutions politiques. Une résilience qui peut aussi alimenter une forme de résistance spirituelle.

Pour beaucoup d’entre nous et de nos concitoyens la devise républicaine reste une source d’inspiration, notamment son troisième terme, la fraternité, qui permet de transcender les conflits et d’éviter que la dispute démocratique ne dégénère en hystérisation des débats et en guerre civile.

Notre conviction, face aux chaos du monde, reste que l’aspiration démocratique doit être fécondée par une inspiration spirituelle, pour surmonter les difficultés auxquelles les démocraties sont confrontées, mais aussi que les spiritualités telles qu’elles s’incarnent dans des institutions religieuses notamment doivent être régulées par des processus démocratiques.

C’est la raison pour laquelle nous avons appelé lors de notre Université d’été 2025 à “un nouvel humanisme” pour régénérer la démocratie mais aussi pour exprimer la spiritualité dans un langage compréhensible par nos contemporains.

 

  1. Les voies d’un nouvel humanisme : un regard rétrospectif et prospectif sur nos travaux.

 

Cette partie constitue une sorte de méta-analyse de nos travaux depuis un peu plus de six ans, depuis que nous avons choisi de développer un travail thématique. Il faut noter que l’avancement de ces sujets dépend tout autant de la capacité d’investissement bénévole au sein de l’association que de la pertinence des sujets abordés. Chacune des résolutions est une invitation à s’engager pour les membres de l’association, notamment les futurs administrateurs, sur les thèmes correspondants. Pour la plupart des résolutions, il ne s’agit pas de sujets nouveaux, mais d’orientations ou de réorientations sur des sujets déjà engagés.

 

« Il nous faut réapprendre à vivre et à respirer dans un monde sans maître, pour y fonder un humanisme qui soit enfin à la mesure de l’homme. »

Notre Université d’été sur le thème « un nouvel humanisme pour régénérer la démocratie » s’est largement appuyée sur les travaux conduits depuis quelques années au sein de l’association. Ce rapport moral est l’occasion non seulement de faire un point sur leur état d’avancement au regard des deux derniers engagements de la charte mais aussi de vérifier comment ils répondent ou non aux enjeux du moment.

La vocation de Démocratie & Spiritualité, sur chacun de ces thèmes, n’est pas de s’engager dans l’arène politique, ni de se positionner sur le terrain des institutions religieuses. Notre quête est celle d’une forme de métapolitique ou d’une métaspiritualité : nous travaillons sur ce qu’on appelle classiquement les “valeurs”, ces “idées force” qui peuvent modifier le cours des choses.

  1. La spiritualité, c’est quoi ?

« Spiritualités. Il faut en parler au pluriel, puisqu’il y en a à l’évidence plusieurs, fort nombreuses et souvent fort différentes les unes des autres. Toutefois le pluriel, ici comme ailleurs, suppose le singulier. Il n’y aurait pas de spiritualités, au pluriel, si elles n’avaient toutes quelque chose en commun, qui justifie la communauté du nom et le singulier du concept. »

On ne saurait mieux qu’André Comte-Sponville dire pourquoi dans l’intitulé de notre association le mot « spiritualité » est au singulier. Les religions en sont un des modes d’expression et même d’incarnation, véhiculant chacune des formes de spiritualités particulières. Dans le contexte français marqué par les religions monothéistes, et principalement la religion chrétienne dans sa version catholique, il est important de rappeler qu’il existe des spiritualités sans Dieu, et même sans dieux, sans divin. Et aussi qu’il existe des spiritualités non religieuses. Toutes ont vocation à se retrouver au sein de l’association.

Il faut souligner à ce sujet que le paysage religieux de notre pays s’est profondément modifié en quatre décennies. Le poids du catholicisme a considérablement diminué, l’islam s’est développé, et de façon plus marginale de nouvelles religions, notamment le bouddhisme. Surtout, aujourd’hui près de 60 % de nos concitoyens se déclarent sans religion :  cela recouvre des athées, des agnostiques, des indifférents, et parmi eux beaucoup de “catholiques zombies” pour reprendre l’expression d’Emmanuel Todd.

 

Pour nombre de ces personnes le mot spiritualité renvoie à la religion, alors que notre conviction est qu’il exprime une dimension essentielle, peut-être spécifique, de l’humanité, que les religions peuvent ou non incarner. Comme le dit Amin Maalouf, « je ne rêve pas d’un monde où la religion n’aurait plus de place, mais d’un monde où le besoin de spiritualité serait dissocié du besoin d’appartenance. ».

D’ailleurs, notre objectif n’est pas d’opposer spiritualités et religions. Pour nombre d’entre nous, les religions apportent une métaphysique débouchant sur une éthique, des liturgies soudant une communauté et un potentiel d’espérance qui permet souvent d’assumer la souffrance, là où les spiritualités, religieuses ou non, invitent à cette intériorisation particulièrement nécessaire aujourd’hui pour résister à la distraction générale et à la captation de l’attention, du “temps de cerveau disponible”, par les médias en général, et notamment aujourd’hui par les réseaux sociaux.

Au cours des dernières années, nous avons beaucoup progressé sur ces sujets, notamment dans le prolongement des quatre livres de la collection « D&S » en particulier le premier « Des raisons d’espérer » avec le souci de « déminer le mot spiritualité » qui s’est traduit par le lancement en mars 2023 d’un chantier important avec le Forum 104 « Spiritualité(s) : archipel ou bien commun ? » auquel se sont associées depuis, la CMRP (Conférence mondiale des religions pour la paix) et la Cinpa (Coordination interconvictionnelle du Grand Paris).

Ce chantier a aujourd’hui plusieurs débouchés :

  • D’abord l’installation, depuis 2024, d’un rendez-vous annuel en février, articulé avec la journée internationale de la fraternité du 4 février.
  • L’engagement, avec la Société française de prospective (SFP) d’un chantier « Prospective des spiritualités » qui devrait déboucher sur un colloque en 2027.
  • Le lancement d’un travail sur la formation à l’animation interconvictionnelle.
Résolution n°1 : Poursuivre le chantier partenarial avec le Forum 104 sur “Spiritualité(s) : archipel ou bien commun” et développer la communication sur les résultats de ce chantier.

 

  1. Préserver l’habitabilité de la Terre

« Nous avons oublié que nos ancêtres avaient été sélectionnés par la vie dans la nature et que, donc, mieux prendre soin de l’humain demande plus de nature : l’humanisme passe par la biodiversité. »

Avec la crise écologique ce n’est pas la terre qui est en danger : c’est l’humanité elle-même. Nous avons pu approfondir cette question avec le livre « Dialoguer avec la Terre ».  Notre approche était originale, plus anthropologique que la plupart des ouvrages sur le sujet, et s’appuyant, comme tous les ouvrages de la collection, sur un travail collectif.

On peut toutefois regretter que ce travail n’ait pas eu beaucoup de suites, et ce d’autant plus qu’on assiste aujourd’hui sur le terrain des politiques environnementales à une forme de « retour en arrière », de « contre-réaction » (“backslash”).

Face à ce recul, comment gagner la bataille des idées ? La nécessité de s’engager dans la transition écologique met en valeur la notion de sobriété comme le promeut le Pacte civique dont c’est une des valeurs fondatrices. Comme le rappelle Jean‑Baptiste de Foucauld : « La sobriété, c’est faire le choix de l’essentiel par rapport au superflu. […] En ce sens, la sobriété est une responsabilité spirituelle et une valeur de justice. ».  Mais celle-ci peut aussi rebuter, notamment ceux qui sont sobres en empreinte carbone par obligation du seul fait de leur pauvreté. A contrario, une enquête auprès de ces personnes a montré qu’elles étaient sensibles à ces enjeux mais demandent à “être prises en compte dans les politiques publiques, non comme des publics à sensibiliser, mais comme des actrices et acteurs déjà engagés, malgré eux, dans une forme de sobriété contrainte mais porteuse de sagesse pour tous ».

La question écologique divise. L’idée que la croissance de la production puisse être bénéfique pour tous est dépassée, bien qu’elle soit nécessaire pour les populations privées du minimum. Ce qui apparaît pour certains comme un mouvement en arrière, en termes de confort matériel, doit être replacé dans la notion d’habitabilité sur terre avec l’ensemble des vivants. Il nous faut trouver les mots pour que le respect du vivant devienne une nouvelle forme d’expression d’un “sacré” qui fasse lien.

Résolution n°2 : Dans le prolongement de l’atelier Nature et humanisme de l’Université d’été, relancer, avec le Pacte civique, la réflexion sur la question environnementale, notamment à partir de la question de l’habitabilité de la planète et d’une sobriété juste et partagée.

 

  1. La fraternité, valeur cardinale de la République, fondement de la paix universelle.

« La fraternité n’est pas un supplément d’âme : c’est une urgence politique et morale. »

Troisième terme de la devise de la République, la fraternité est une valeur essentielle pour “Démocratie & Spiritualité”. Avec la créativité, la sobriété et la justice, c’est aussi une des quatre valeurs du Pacte civique.

Sur ce thème nous nous sommes surtout focalisés sur notre participation à la journée de la fraternité, que nous célébrions avec le Laboratoire de la fraternité le 16 mai, à l’occasion de la Journée internationale du vivre ensemble en paix (Jivep), et désormais fixée le 4 février, proclamée en 2021 “journée internationale de la fraternité” et à laquelle nous nous associons chaque année.

La Jivep a quant à elle été recentrée sur la question de la paix. Depuis 2021, dans le cadre de la Cinpa, nous participons à une manifestation en faveur de la paix organisée par Compostelle-Cordoue. Toutefois, malgré plusieurs tentatives, nous n’avons pas réellement investi sur la question de la résolution non violente des conflits, qui en est pour certains d’entre nous le corollaire.

On peut également rattacher à cette question de la fraternité le travail important qui a été réalisé sous l’intitulé “A l’écoute des jeunes dans la mesure où nous avons justement essayé d’avoir une approche fraternelle, et non pas surplombante, en nous mettant réellement à leur écoute.

« Les femmes, l’autre moitié du monde, ne peuvent plus être tenues à l’écart des responsabilités publiques. ». Malgré les questions de société renouvelées sur ce terrain, notamment en matière de domination sexuelle, nous n’avons probablement pas assez investi la question féministe en étendant la notion de fraternité à l’adelphité : « Adelphité est le mot qui permet de dire la fraternité sans exclure les sœurs. » nous dit Florence Montreynaud qui ajoute “l’adelphité est un état d’esprit et un état d’âme, où il entre de la sympathie, de la bienveillance, de la solidarité, avec une dimension spirituelle, un élan vers l’autre.

De façon générale, la fraternité est la réponse spirituelle que nous pouvons apporter aux replis identitaires et à l’instrumentalisation de la lutte contre le soi-disant “wokisme” pour refuser les diversités et aux violences qui peuvent en résulter : “On le constate avec la querelle du wokisme qui prend souvent les allures d’une guerre picrocholine, dans l’oubli que l’exigence de rester vigilant, woke donc en anglais, signifiait pour Martin Luther King, lorsqu’il employait le mot, l’impératif d’être attentif à toutes les victimisations de l’humain pour les combattre, au nom de l’humain” .

Notre perspective est celle de l’Ubuntu, cette fraternité universelle étendue à tous les peuples et à toutes les générations.

Résolution n° 3 : Renforcer notre engagement en vue d’une société plus fraternelle dans le sens d’une universalité étendue à tous les peuples, à toutes les générations, notamment les plus jeunes, et à l’autre moitié du monde.

 

  1. Vers une hospitalité inconditionnelle ?

« L’hospitalité inconditionnelle exige que j’ouvre ma porte à l’autre, quel qu’il soit, sans lui demander ni son nom ni un contre-don. »

Il y a six ans nous avions mis la question migratoire à l’ordre du jour de nos réflexions. Mais à part une conviviale sur cette question nous n’avions pas réussi à engager un travail dans la durée sur ce sujet. Celui-ci a été élargi à la question de l’hospitalité en partenariat avec l’association Compostelle Cordoue qui a investi le sujet dans ses travaux.

L’hospitalité est en quelque sorte le corollaire de la fraternité dans l’accueil de l’autre, quel qu’il soit. Dans l’ambiance idéologique du moment marquée par la crainte du “grand remplacement” et le détournement de la notion de prochain non comme un principe guidant la politique migratoire, mais opposé à l’ordo amoris qui justifie la priorité donnée aux proches et aux concitoyens, ce que d’aucuns appellent “la préférence nationale”..

Résolution 4 : Achever le travail sur la question de l’hospitalité avec Compostelle Cordoue et en dégager des suites opérationnelles.

 

  1. La ligne de crête de la laïcité

« La laïcité est une ligne de crête : elle doit tenir ensemble la liberté de croire et la liberté de ne pas croire, sans verser ni dans l’hostilité au religieux ni dans la complaisance. »

La question de la laïcité est à l’ordre du jour de nos travaux depuis le lancement des réflexions thématiques, en 2020. Nous avons essayé de tenir cette ligne de crête entre les deux versants, une laïcité dite « ouverte » et une laïcité « de combat » comme nous y invitait également Philippe Gaudin lors de la dernière conviviale organisée sur le sujet.

Comme nous l’avons développé dans l’ouvrage “Laïcité et spiritualité”, la laïcité est la traduction dans le domaine des convictions religieuses des trois termes de la devises de la République :

  • la liberté, liberté de conscience et liberté de culte, autrement dit liberté religieuse ; liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de changer de religion
  • égalité des religions devant la République, d’où découle la neutralité de la dite République ;
  • et enfin, et peut-être surtout, fraternité : la laïcité protège la fraternité en évitant que celle-ci se limite aux seules communautés d’appartenance : la fraternité protège la laïcité des éventuelles dérives sectaires et surtout de sa récupération par les courants identitaires.

Notre engagement fort sur la question de la laïcité a eu deux débouchés importants :

  • Notre appel à une laïcité de paix, avec la proposition de création d’une autorité indépendante chargée d’arbitrer les dilemmes du quotidien dans l’application des principes de laïcité.
  • La sortie du livre « Laïcité et spiritualité ».

Malgré ces succès on peut faire deux constats :

  • D’une part, le sujet n’a probablement pas été porté suffisamment par l’association, ce qui reflète peut-être la rémanence d’une méfiance de certains de nos membres sur la laïcité.
  • D’autre part, il faut bien constater que l’hystérisation des débats sur la laïcité et son instrumentalisation à des fins racistes et islamophobes n’ont pas diminué, au contraire, et cela explique peut-être ce qui est ressenti comme une distance des plus jeunes vis-à-vis de ce principe fondamental de la République.

Pourtant la laïcité telle que nous la concevons est un moyen, face à la montée des fondamentalismes et à la montée des actes antireligieux, de trouver l’équilibre entre critique et respect des religions. Il est donc proposé de réinvestir le sujet de la laïcité notamment pour relancer notre idée d’autorité indépendante.

Résolution 5 : Relancer l’engagement sur la laïcité autour de notre proposition d’autorité indépendante.

 

  1. Éthique de conviction et éthique de responsabilité, le dialogue des deux éthiques

« L’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité ne sont pas contradictoires, mais elles se complètent l’une l’autre et constituent ensemble l’homme authentique, c’est-à-dire un homme qui peut prétendre à la « vocation politique ». »

L’association a engagé un important travail sur cette question à partir d’une trentaine de réponses à un questionnaire qui a débouché sur l’ouvrage « Logique de pouvoir et éthique ».

Malgré les difficultés à aborder ces sujets, cette publication a eu un certain écho. Pour autant, on peut faire trois observations :

  • Un certain nombre d’initiatives qui étaient prévues, comme l’organisation d’un colloque sur la question au Cnam, n’ont pu être encore réalisées.
  • L’approche est restée centrée sur les responsabilités politiques et trop peu sur les autres types de responsabilités (entrepreneuriales, associatives, syndicales, etc…).
  • Nous n’avons pas réussi à trouver des traductions opérationnelles à ce travail essentiel, comme la proposition d’une formation à l’éthique vis-à-vis de divers acteurs (écoles, mouvements, etc.…)

Pourtant, au regard des enjeux du moment rappelés dans la première partie, la question éthique apparaît essentielle. Elle est l’occasion de valoriser le premier engagement de la Charte : « S’efforcer de vivre de façon authentique et simple, en cohérence avec les exigences de son chemin intérieur. Cela peut être facilité par l’adoption d’une règle de vie personnelle, comportant à la fois travail sur soi, écoute de l’autre et partage avec les plus faibles ».

Résolution n° 6 : Promouvoir le travail effectué sur les ressources éthiques pour l’exercice des responsabilités en l’élargissant à  des responsabilités autres que politiques et pour en tirer des conséquences opérationnelles.

 

  1. Les conséquences anthropologiques de la révolution numérique

« La numérisation généralisée reconfigure notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes. »

Cela fait plusieurs années que nous souhaitions investir la question numérique autour de la promotion d’un « numérique à visage humain » mais les premières tentatives n’ont pas abouti. Peut-être faut-il y voir un effet générationnel ?  Ce travail a été engagé en partenariat avec LVN autour de la question de l’intelligence artificielle. Le sujet sera également abordé dans le cadre de l’atelier “prospective des spiritualités” engagé dans le cadre du chantier “Spiritualité(s)”.

Le numérique, et sa traduction la plus récente, l’intelligence artificielle, a de multiples conséquences, communicationnelles, psychologiques, en termes de captation du temps de cerveau disponible, économiques, sociales, politiques, géopolitiques, etc. qui en font plus qu’une révolution sociétale, une véritable révolution anthropologique que nous n’avons pas suffisamment analysée et sur lesquelles nous avons souvent du mal à nous situer au delà du rejet illusoire ou de l’acceptation béate. La publication récente de la première encyclique du pape Léon XIV sur le sujet en est une illustration. Dans le contexte rappelé dans la première partie, ce travail est essentiel pour nous et pour nos partenaires.

Résolution n° 7 : Poursuivre le travail sur le numérique engagé en partenariat avec LVN.

 

  1. L’interconvictionnalité, une méthode et non une fin

« L’adjectif interconvictionnel et le substantif interconvictionnalité […] furent utilisés pour qualifier les dialogues, les pratiques, les institutions ayant pour objet spécifique d’organiser des rencontres ouvertes, sans exclusive et respectueuses de chacun, entre des personnes de convictions différentes. »

L’interconvictionnalité est le deuxième engagement de la Charte fondatrice : « Apprendre à connaître et respecter les autres formes d’expériences et de spiritualité que la sienne et faire de ce dialogue un support de son propre cheminement ».

Sur le plan spirituel, l’interconvictionnalité est plus large que l’interreligieux : dans le contexte rappelé ci-dessus, elle concerne les spiritualités non religieuses, tout autant que les spiritualités religieuses. L’interconvictionnalité est plus large aussi que l’interspirituel. Elle s’applique aux convictions dans tous les domaines, non seulement spirituelles, mais aussi philosophiques et politiques.

Nous avons contribué à transformer la Cinpa, de coordination interreligieuse en coordination interconvictionnelle du Grand Paris. Dans le cadre du chantier « Spiritualité(s) archipel ou bien commun », nous avons engagé un projet de formation à l’animation interconvictionnelle.

Mais l’interconvictionnalité n’est pas une fin en soi, c’est une méthode : elle vise à développer une forme de métaspiritualité comme aussi de métapolitique, ce qui est la spécificité de D&S.

Résolution n° 8 : Continuer à approfondir l’interconvictionnalité comme méthode d’accès à une l’appropriation plus profonde de l’aspiration démocratique  et de l’inspiration spirituelle.

 

  1. Et la démocratie dans tout ça ?

« La démocratie est aujourd’hui mise à l’épreuve par la défiance, les inégalités et la fragmentation du monde social ; elle doit se réinventer pour rester fidèle à sa promesse d’égalité et de participation. »

A l’examen de ces travaux, on voit bien que la question démocratique n’a pas été suffisamment au cœur de nos préoccupations, si on met à part le travail de certains de nos membres dans le cadre de l’Observatoire citoyen de la qualité démocratique du Pacte civique.

Pourtant, comme on l’a vu dans la première partie, l’un des enjeux de la période est de réenchanter le projet démocratique. La spiritualité peut y contribuer, comme la démocratie peut aussi contribuer à rendre plus vivantes les religions et éviter leur soutien aux remises en cause de la démocratie. Nous avons commencé à réinvestir ce champ lors de notre dernière Université d’été. C’est évidemment un effort à poursuivre.

Résolution n° 9 : Renforcer notre travail sur les questions posées par la(es) crise(s) de la démocratie, ainsi que leurs liens avec la question spirituelle.

 

  1. L’Europe et au-delà : un plaidoyer pour l’Universel

« L’Europe ne peut prétendre à l’universel que si elle reconnaît qu’elle n’en est qu’une voie parmi d’autres. »

Notre engagement international est principalement un engagement européen. Pour nous l’Europe n’est pas uniquement un projet politique, ni a fortiori ce projet de grand marché auquel on l’a trop souvent ramenée, mais aussi un projet d’ordre spirituel comme nous l’avions mis en évidence en 2024 lors de notre colloque organisé à Strasbourg avec plusieurs de nos partenaires. Face au chaos mondial et aux logiques de puissance montante, elle doit renforcer sa souveraineté et son efficacité pour rappeler de manière crédible que la force doit être mise au service du droit et non l’inverse.

Nous restons bien sûr attachés à cette idée de l’Europe, mais il apparaît nécessaire d’élargir la focale, comme nous y invitait Edgar Morin dans la phrase mise en exergue en allant au-delà du” dialogue des civilisations” pour construire un universel qui intègre les apports des autres cultures . Comme le dit Souleymane Bachir Diagne « l’universel est ce vers quoi nous marchons ensemble, chacun depuis son propre lieu. ».

Résolution n° 10 : Reprendre la question européenne sous l’angle de notre participation à la construction d’un universel qui ne soit plus occidentalo-centré.

 

  1. Vers un sursaut collectif

« Nous appelons toujours à un véritable sursaut : un engagement citoyen, moral et spirituel pour faire vivre la démocratie. »

A l’approche des échéances électorales de 2022 et après notre Université d’été 2021 nous avions lancé un appel à un sursaut démocratique et spirituel. Cette initiative n’a guère eu de succès à l’époque. Peut-être était-il trop tôt et les conditions du débat électoral n’y étaient pas propices.

On en voit pourtant la nécessité, face à la multiplication des problèmes et aux incompatibilités des demandes. Mais le contenu  n’en est pas pour autant défini. Ce travail engagé dans le cadre du chantier “Spiritualité(s) : archipel ou bien commun”  pourrait être un axe important de nos travaux des prochains mois.

Résolution n° 11 : Engager dans la perspective des rendez-vous de 2027 une réflexion sur le “sursaut collectif” nécessaire pour revivifier la démocratie à l’échelle nationale, européenne et internationale.

Mais pour que se produise ce sursaut collectif, tout à la fois démocratique et spirituel, il est nécessaire que notre association qui repose uniquement sur des bénévoles se donne les moyens de faire davantage connaître ses travaux. C’est l’objet de la troisième partie de ce rapport moral et d’orientation avec l’objectif de “fédérer ces énergies” qui permettraient de générer ce sursaut.

  1. Fédérer les énergies : des projets pour les deux ans qui viennent

« Ce qui est important, ce n’est pas d’être optimiste ou pessimiste, mais de savoir fédérer les énergies pour accomplir ce qui doit l’être. »

Une association comme la nôtre ne vit pas uniquement de “jus de cerveau”. Son impact suppose une organisation et des moyens. Il faut noter que tout cela repose uniquement sur le bénévolat et sur les cotisations et dons de nos membres. Qu’il s’agisse des réflexions sur les thèmes abordés dans la partie précédente ou des actions développées dans celle-ci, elles ne se réaliseront que si le plus grand nombre d’entre nous les prennent en charge. C’est notamment le cas des partenariats qui reposent aujourd’hui sur trop peu de personnes. C’est le cas aussi du développement de groupes locaux ouverts qui constitue pour nous une priorité.

L’ensemble des résolutions ci-dessous ne pourra donc se réaliser que si des membres, et notamment des administrateurs, s’engagent dans leur mise en œuvre, notamment les deux nouveaux projets (fonds de dotation et lecture méditative) qui sont issus de réflexions internes à l’association).

Face aux défis et aux enjeux, compte tenu de l’importance des chantiers engagés pour y répondre, s’est exprimé au sein de l’association et chez nos partenaires un besoin de plus grande unité. Unité, pas unification : la vocation de D&S n’est pas de se fondre dans un collectif plus large ni de s’engager directement dans la bataille politique mais de rester « une instance commune de réflexion et d’action ».  Pour reprendre une image évangélique qui peut être reprise par toutes et tous, il s’agit plus d’être « le levain dans la pâte » que d’être “l’avant-garde éclairée” d’un mouvement. Mais nous pouvons, ce faisant, contribuer à « fédérer les énergies ».

  1. Développer la communauté des membres pour accroître l’influence de l’association.

« Les difficultés de fidélisation sont aujourd’hui l’un des principaux freins à la vitalité associative : elles fragilisent la continuité des projets et l’engagement dans la durée. »

Pour cela il nous faut aussi développer l’association, et notamment l’adhésion qui est notre seule ressource à la fois bénévole et financière. Or nous faisons face à une difficulté qu’illustre le rapport d’activité : chaque année de nouveaux membres adhérent à l’association, mais les départs sont également très nombreux, ce qui a conduit, après une augmentation spectaculaire du nombre de membres passés à 150 en trois ans, à une baisse ensuite, et à une remontée l’année dernière, comme l’illustre le rapport d’activité. Ce turn over important est une source de fragilité pour l’association. Il est donc important de fidéliser mais aussi de diversifier les adhérents, en termes de genre, de convictions et de générations.

Nous avions mis en place un dispositif d’accueil des nouveaux adhérents qui pourrait être relancé. Il faudrait aussi, au-delà des échanges intellectuels, développer les moments de convivialité et de partage, comme nous pouvons le faire au moment des Universités d’été.

Résolution n° 12 : Relancer un dispositif d’accueil des nouveaux membres et renforcer la convivialité au sein de l’association.
  1. Fédérer les énergies au niveau local : développer des groupes locaux

« Les territoires sont des lieux décisifs pour fédérer les énergies : c’est là que peuvent se tisser les alliances concrètes entre citoyens, associations et institutions. »

Depuis plusieurs années, nous affichons notre volonté de développer des groupes locaux, mais aucune initiative n’avait été prise. A l’issue du « sol invictus » de cette année une démarche a été lancée auprès des adhérents à partir de l’expérience des groupes de Grenoble et de Nantes et du groupe « cheminement » de Paris.

En fait ces groupes locaux ont deux dimensions éventuellement complémentaires :

  • Des groupes de partage à l’image des groupes « cheminement » qui avaient été mis en place à Paris.
  • Des réseaux locaux de partenariat, notamment dans le cadre du Pacte civique.

Sur ce sujet, dans le cadre du groupe des partenaires du Pacte civique (cf. point suivant) un travail de recensement des groupes locaux des différents partenaires a été réalisé qui permettrait de favoriser la mise en place de ces collectifs locaux.

Résolution n° 13 : Poursuivre le travail de structuration des groupes locaux et partenariaux de D&S.

 

  1. Fédérer les énergies : la constellation de nos partenariats.

« Nous devons apprendre à penser en constellations d’acteurs, en agencements multiples, plutôt qu’en blocs homogènes. »

Nos partenariats sont nombreux et se sont construits au fur et à mesure de notre histoire. Certains sont actifs, au gré des initiatives communes et des engagements personnels de nos membres, d’autres dormant pour des raisons symétriquement inverses. Ainsi, malgré l’intérêt du sujet, nous avons dû abandonner le partenariat avec le collectif « Paroles de chômeurs », faute d’énergie bénévole pour s’y investir. A contrario, nous avons démarré en 2025 un nouveau partenariat avec l’Interfestival des religions et des convictions, organisé à Saint Jacut avec Coexister, Témoignage Chrétien, Les Amis de la Vie, Le Cri et Les Poissons Roses, sur le thème « Résister aux idéologies d’extrême droite, une exigence spirituelle ? ».

En 2020, nous avions effectué un travail de clarification des partenariats qui nous avait conduits à en préciser la liste, à clarifier nos relations avec chacun d’entre eux et à désigner à chaque fois un correspondant. Faute de temps, ce travail n’a pu être tenu à jour. Il serait intéressant qu’il puisse être repris par le nouveau CA.

Une mention spéciale doit être faite sur deux partenariats qui permettent d’assurer la base logistique de D&S :

  • celui avec Poursuivre, qui met à disposition son local pour nos réunions parisiennes et pour le CA et aussi comme siège social, pour lequel la convention a été renouvelée en début d’année 2026.
  • celui avec le Forum 104 qui nous permet d’assurer dans de bonnes conditions nos conviviales en mode mixte (présentiel et distanciel) comme nous l’avions décidé après la crise Covid.
Résolution n° 14 : Remettre en place un dispositif de suivi des partenariats en nous répartissant les responsabilités.

Parmi ces cercles partenariaux, trois méritent un examen particulier :

  • Celui qui s’est constitué autour du Pacte civique.
  • Celui qui s’est constitué autour du Labo de la fraternité.
  • Celui qui s’est constitué autour de la Cinpa.

 

  1. Fédérer les énergies : le réseau du Pacte civique et de ses partenaires.

« Le Pacte civique appelle à fédérer les énergies pour inventer ensemble une société plus créative, plus sobre, plus juste et plus fraternelle »

Avec LVN, Poursuivre, nous avons créé le Pacte civique en 2011. Le Pacte civique a été conçu comme un débouché des réflexions de D&S et certains de nos membres y sont toujours très impliqués.

La structuration du Pacte civique est originale avec d’une part :

  • Une association de soutien au Pacte civique  (ASPC) qui assure les fonctions logistiques (finances, employeur, etc…) et dont nous sommes un des membres.
  • Un mouvement sans personnalité morale qui réunit des personnes physiques, les membres actifs,  constitués souvent en groupes locaux et qui se réunissent régulièrement en assemblée générale.

Une réflexion est engagée sur l’évolution des statuts pour éventuellement regrouper les deux structures, réflexion qui devrait aboutir le 14 juin, lors de la réunion de “l’assemblée des membres actifs du Pacte civique” ayant contribué aux activités du Pacte civique.

La question s’est posée de notre participation au Pacte de pouvoir de vivre (PPV) dont le Pacte civique est, avec nombre de nos partenaires (LVN notamment), un des membres fondateurs. Nous avons considéré que cela allait au-delà de notre vocation en nous mettant plus directement dans le champ politique et que ceux de nos membres qui souhaitaient y participer pouvaient le faire par le canal du Pacte civique..

Autour du noyau initial nous avons mis en place une réunion des partenaires du Pacte civique, à laquelle se sont associés le CMR (Chrétiens en monde rural) et ATD Quart-Monde qui depuis ne participe plus. Cette réunion a été élargie récemment à deux autres associations : Les Poissons roses et Esprit civique. Dans ce cadre, nous avons engagé un nouveau type de réunions, différentes de nos conviviales, les soirées-débats. Mais l’objectif est surtout de mieux se coordonner et le cas échéant à intervenir ensemble dans le débat public.

Résolution n° 15 : Poursuivre l’engagement dans le soutien au Pacte civique et la coordination des différents partenaires qui se retrouvent en son sein.

 

  1. Fédérer les énergies : le nouveau Labo de la fraternité

« La fraternité ne peut rester un mot : elle doit devenir un travail, une pratique, une méthode pour transformer nos territoires et nos institutions. »

Le labo de la fraternité dont nous sommes partenaires depuis quatre ans notamment pour l’élaboration du baromètre de la fraternité, s’est constitué en association en octobre 2025 et nous en sommes, avec notamment nos partenaires LVN et le Pacte civique, membre fondateur (le premier cercle). Outre les activités actuelles du labo (le baromètre, la fraternelle, manifestation conviviale au cours de l’été), l’association a aussi vocation d’en développer de nouvelles et à héberger des projets portés par certains de ses membres, en partenariat avec d’autres associations (deuxième cercle). Pour cela, le labo est en train de se doter de moyens (subvention de la Fondation de France, embauche d’un coordinateur).

Dans ce cadre, le labo pourrait accueillir le projet de formation à l’animation interconvictionnelle élaboré dans le cadre du partenariat avec le Forum 104, voire ultérieurement d’autres projets.

Résolution n° 16 : Poursuivre notre engagement au sein du Labo de la fraternité, notamment pour développer avec d’autres partenaires des projets contribuant à développer la fraternité dans la société.

 

  1. Fédérer les énergies en Ile de France : la Cinpa (Coordination interconvictionnelle du Grand Paris)

« La coordination interconvictionnelle du Grand Paris vise à créer un espace commun où croyants et non‑croyants apprennent à coopérer, à se comprendre et à agir ensemble pour le bien commun. »

Nous avons adhéré à la Cinpa en 2020 (à vérifier). Il s’agit, comme son nom l’indique, d’une coordination francilienne, qu’on pourrait assimiler à un collectif local pour l’Ile de France, mais à laquelle adhérent de nombreuses associations à vocation nationale comme nous, ou leur représentant local. La Cinpa s’est constituée en association en 2023 (à vérifier). Pour des raisons de disponibilité nous ne sommes pas représentés au sein du CA, mais, outre nombre de nos adhérents, certains de nos administrateurs en sont membres, ce qui favorise la coordination.

Elle a aujourd’hui deux principales activités :

  • L’organisation d’une manifestation à l’occasion de la Journée internationale du vivre ensemble en paix ( Jivep) , le 16 mai, (voir plus haut) portée en grande partie par Compostelle Cordoue à laquelle nous sommes étroitement associés.
  • L’organisation d’une célébration interconvictionnelle (ou plus exactement interreligieuse) à l’occasion de la journée internationale des Droits de l’homme, (célébrée chaque année en mémoire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme par l’Assemblée générale de l’ONU) le 10 décembre.
Résolution n° 17 : Renforcer notre présence au sein de la Cinpa, notamment pour la participation à la célébration du 10 décembre pour renforcer son caractère interconvictionnel.

 

  1. Un nouvel outil au service de nos projets : un fonds de dotation.

« Les fondations et fonds de dotation rendent possible ce que ni l’État ni le marché ne savent produire seuls : la continuité d’un engagement au service du bien commun. »

L’idée de créer un fonds de dotation adossé à l’association pour pouvoir développer nos projets est ancienne mais n’a pu trouver jusqu’à présent de concrétisation. Elle est revenue à l’ordre du jour dans le cadre du projet « sursaut collectif » du chantier « Spiritualité(s), archipel ou bien commun? » porté par certains de nos membres.

Une solution alternative pourrait être de créer une fondation abritée par une autre fondation comme le fait régulièrement la Fondation de France ou comme c’est le cas d’autres fondations proches.

Résolution n° 18 : Poursuivre l’étude de la mise en place d’un fonds de dotation (ou d’une fondation abritée) pour disposer d’une structure de portage de nos projets..

 

  1. Un espace d’échange et d’approfondissement : les conviviales

« La convivialité du débat suppose la reconnaissance mutuelle : chacun accepte que l’autre puisse avoir raison. »

Les conviviales sont des temps d’échange personnel, le plus souvent autour d’un intervenant. Depuis la crise Covid, nous avons décidé de faire toutes nos conviviales en mode mixte, sauf les conviviales internes qui sont uniquement en mode visio. Les conviviales ouvertes ne sont ni des conférences ni des webinaires car elles permettent des échanges entre l’intervenant et les participants.

Après une interruption, nous avons relancé les conviviales en 2024 avec un groupe dédié qui en assure la préparation et l’animation, ce qui a permis de revivifier cette activité spécifique et extrêmement importante pour l’association et pour son retentissement. Après une période de calage nécessaire, le dispositif est aujourd’hui stabilisé et la préparation collective a permis d’approfondir les questions abordées à l’occasion de ces réunions. Cela ne doit pas nuire pour autant à ce que les conviviales restent comme leur nom l’indique un vrai moment de partage, d’échange et de convivialité.  

Résolution n° 19 :  Maintenir un rythme régulier de conviviales sur des sujets validés par le CA en respectant les principes de partage et d’écoute de ces réunions.

 

  1. Développer la lecture méditative collégiale : un nouvel espace d’échange et d’approfondissement.      

« Lire, c’est aller à la rencontre d’une présence. »

Il y a quelques années, les membres de l’association avaient retenu le principe d’une lecture commune d’un ouvrage et d’en partager les conclusions. Nous avons retenu le principe de partager nos lectures dans la lettre mais abandonné la pratique d’une lecture collective.

Plusieurs personnes souhaitent relancer ce type de lecture collégiale pour consolider les bases intellectuelles et spirituelles de l’association.  Lecture à laquelle les membres de l’association seraient invités à participer, quitte à ne pas faire partie du groupe des personnes qui souhaitent en parler ensemble. Ces lectures collectives pourraient faire l’objet d’un retour vers la lettre. Comme pour les conviviales, il faudrait qu’un groupe se mette en place pour proposer des ouvrages et en organiser cette lecture méditative et communautaire.

Résolution n° 20 :  Relancer une activité de lecture méditative collective.

 

  1. Quelle université d’été en 2027 ?

« Les rencontres où l’on prend le temps de penser ensemble sont des moments décisifs : elles permettent de relier les énergies, de renouveler les idées et de préparer les actions à venir. »

Après le succès de l’Université d’été 2025, nous avons choisi de ne pas faire dUE en 2026, mais en 2027. L’expérience montre que se donner deux ans pour préparer une UE est une bonne chose. Une fois le thème choisi, il sera nécessaire de mettre en place un comité de pilotage qui fait appel à des volontaires qui ne sont pas nécessairement membres du CA.

La logique voudrait donc que l’on décide dès cette année du thème de l’UE 2027 et de sa forme pour disposer de près de deux ans pour sa préparation. La difficulté vient du fait qu’il faudra probablement nous adapter à un  contexte post-électoral que par définition nous ne connaissons pas.

Parmi les thèmes qui pourraient être abordés :

  • un approfondissement d’un sursaut humaniste à la fois spirituel, culturel et politique que nous souhaitons promouvoir pour faire face aux défis de l’époque et aux risques d’effondrements ;
  • un travail sur nos libertés personnelles et collectives confrontées au Mal, en recherche du Bien ;
  • « Spiritualités, Cultures, Démocraties, des biens communs de l’Humanité ».

Le choix du thème par le CA pourra être précédé d’une consultation de l’ensemble des adhérents, comme nous l’avions fait en son temps pour le choix des thèmes d’investissement prioritaires. En attendant, il est envisagé un rendez-vous d’une journée au cours du quatrième trimestre 2026, éventuellement avec les partenaires réunis autour du Pacte civique sur un thème à préciser (avec une proposition sur l’Europe).

Résolution n° 21 : Organiser une Université d’été en 2027 sur un thème à définir après consultation interne à l’association.

 

  1. Renforcer la communication pour accroître notre impact.

« La communication n’est pas un supplément d’âme : elle conditionne la capacité des associations à rendre visibles leurs actions, à mobiliser et à peser dans le débat public. »

On a parfois pu considérer que notre association était un peu (trop) “discrète”. Face aux enjeux de la période et sans tomber dans le bruit et la fureur médiatiques, il est essentiel que ce que nous portons puisse diffuser, ou au moins infuser davantage dans la société.

Les dernières années nous ont permis de jeter les bases d’une politique de communication de l’association, en articulant entre elles les diverses initiatives développées ci-dessous, et en commençant à constituer un fichier de correspondants dans les médias. Tous ces outils sont utiles mais sont insuffisants pour “percer”. Au-delà des orientations proposées dans les paragraphes suivants, il serait nécessaire d’intégrer l’ensemble dans une réelle politique de communication avec une meilleure identification des responsabilités au sein du CA (et ou du bureau).

Résolution n° 22 :  Se doter d’une véritable politique de communication qui permette d’intégrer l’ensemble de nos outils et de renforcer notre impact.

 

  1. Pour faire mieux connaître nos travaux : relancer la collection « Démocratie & Spiritualité »

« Ce qui n’est pas rendu public demeure sans réalité et sans conséquence. »

En 2022, nous avons lancé un partenariat avec les éditions de l’Atelier pour créer une collection « Démocratie & Spiritualité ».  Quatre titres sont parus en 2023 et 2024. La collection a été suspendue en 2025 en raison des difficultés financières de l’édition. Il conviendrait sans doute de garantir à l’éditeur un volume plus conséquent d’achats. Un bilan financier provisoire a été fait qui mériterait d’être précisé.

Nous avons défini une ligne éditoriale ainsi qu’une méthode de travail. Le bilan, positif en termes de visibilité, s’est révélé en demi-teinte pour la diffusion et les reprises : avec deux livres qui ont eu un certain succès, et deux beaucoup moins. Le principal facteur clé de succès semble être l’investissement des coordinateurs mais aussi de tous les membres de l’association dans la promotion de chaque ouvrage.

Compte tenu de l’importance de cette action, cette  collaboration pourrait être relancée, en partenariat avec d’autres associations, sur au moins deux sujets :

  • Le projet de livre en partenariat avec Compostelle Cordoue sur le thème de l’hospitalité,quasiment abouti et qui n’a pu être lancé en 2025.
  • Un autre avec la SFP pour publier la synthèse des travaux sur la prospective des spiritualités.
Résolution n° 23 : Étudier avec les éditions de l’Atelier les conditions de relance de la collection en priorisant les partenariats et un engagement de l’ensemble de l’association dans la promotion des ouvrages.

 

  1. Le site internet et la présence sur les réseaux sociaux : la vitrine de l’association.

« Sur le web, exister, c’est être visible : les sites et les réseaux sociaux sont devenus les lieux où se construit la présence publique. »

Le site est la vitrine de l’association. Depuis plusieurs années nous nous sommes posé la question de sa modernisation, mais n’avons pu la mettre en œuvre faute de force militante pour le faire.

Nous sommes présents sur plusieurs réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn) mais sommes sortis de X ex-Twitter pour des raisons éthiques. L’essentiel y est l’annonce de nos manifestations. Mais nous ne participons pas assez à la nouvelle place publique que constitue la toile. Par ailleurs, la présence sur les réseaux sociaux ne s’appuie pas suffisamment sur le site.

Pour nos appels, nous avions développé un partenariat avec la plateforme Wesignit lancée en 2013, qui accompagne et diffuse des mobilisations en ligne pour renforcer l’engagement démocratique mais qui est aujourd’hui suspendue pour des raisons techniques.

Dans le contexte rappelé dans les deux premières parties, la présence sur le web est un enjeu essentiel pour l’association, non seulement pour exister mais aussi pour faire passer ses idées. On voit que celle-ci est aujourd’hui un de nos principaux points faibles. Le préalable serait une refonte de notre site, projet que nous avons régulièrement reporté, et auquel pourrait être consacré une partie des réserves de l’association (cf. rapport financier).

Résolution n° 24 : Moderniser le site et renforcer sur cette base notre présence sur les réseaux sociaux.

 

  1. La lettre de D&S, l’animation d’un réseau d’échange

« Les revues sont des lieux irremplaçables où se forment, se confrontent et se renouvellent les idées. »

La lettre de D&S est un peu le vaisseau amiral ou plutôt le porte-avions de l’association. Elle a désormais un format “infolettre” (“newsletter”), articulée avec le site, les chapôs renvoyant, avec un lien, vers les textes qui y sont publiés. De l’avis général, cette formule recueille une grande satisfaction, même s’il serait sûrement nécessaire de renouveler une enquête de lectorat.

La lettre est diffusée vers un fichier de plus de 2000 sympathisants qui a été notamment constitué à l’occasion de nos appels (en particulier celui “pour une laïcité de paix”) mais qui, par construction, s’effrite un peu chaque année. Il serait donc nécessaire de mettre en  place une procédure d’enrichissement du fichier, qui constitue notre principal levier de recrutement de nouveaux membres. Il y a là une véritable priorité pour l’association, car elle conditionne les autres.

La lettre repose sur un comité de rédaction qui se réunit pour chaque numéro et arbitre sur la publication des articles qui nous sont parvenus, voire en sollicite de nouveaux. A noter que les transmissions spontanées de papiers sont devenues plus fréquentes. Ce rapport est l’occasion de rappeler que cette Lettre est un outil commun dont les différentes rubriques permettent de partager nos réflexions et qu’elle est ouverte aussi à nos partenaires donc de relancer l’appel à contribution.

Résolution n° 26 : Relancer une enquête de lectorat de la lettre et mettre en place une procédure d’enrichissement du fichier des destinataires pour en élargir la diffusion.

 

  1. Renforcer notre gouvernance associative conformément à nos références.

“ La démocratie associative suppose des formes d’engagement qui donnent réellement prise aux acteurs sur les décisions.”  

Le conseil d’administration (CA) qui se réunit en général une fois par trimestre prend les décisions d’orientation mais ne gère pas à proprement parler l’association. C’est le bureau qui gère les affaires courantes et prend les décisions entre deux CA. Cela a pu être à l’origine de formes d’incompréhension notamment dans la période récente où le bureau a pu être amené à prendre des décisions qui relèveraient davantage de la compétence du CA.

Le bureau se réunit une fois par mois, Il est composé de huit personnes

Parmi les décisions qui relèvent normalement du CA :

  • l’élection du bureau et la composition du comité de rédaction de la lettre.
  • les lettres de mission des groupes ou des nouveaux chantiers,
  • les notes de cadrage des ouvrages de la collection et la validation générale du texte final,
  • le programme des conviviales,
  • le thème et l’organisation de l’Université d’été,
  • les décisions en matière de partenariat

Par ailleurs, le CA se réunit une fois par an en janvier en séminaire d’une journée (“Sol invictus”) où sont débattues les grandes orientations pour l’année.

Compte tenu de ses missions, le fait que le nombre maximum d’administrateurs soit statutairement nombreux (25) n’est pas un inconvénient, au contraire : il permet d’assurer une meilleure représentation des membres de l’association dans leur diversité. Il est nécessaire en revanche de mieux articuler les deux instances, par exemple en faisant un retour systématique vers le CA après chaque réunion de bureau ou au début de chaque CA.

Les conviviales internes participent également de la démocratie au sein de l’association en donnant, à intervalles irréguliers, la parole à tous les adhérents qui le souhaitent avec un échange libre marqué par l’écoute réciproque et le dialogue convivial. Ce dispositif de “démocratie directe” pourrait être utilement renforcé et élargi à d’autres sujets, comme cela a été évoqué ci-dessus pour le choix du thème de l’Université d’été.

Résolution n° 27 : Renforcer la démocratie interne à l’association notamment par une meilleure articulation entre le bureau et le CA

Pour conclure en écho avec la citation d’Edgar Morin mise en exergue au début de ce rapport :

« Le courage est la première des vertus politiques, car c’est lui qui permet d’affronter le monde et ses périls. »

 

Annexe :

Liste (large mais pas nécessairement exhaustive) des partenaires de D&S

  1. ACI (Action catholique des milieux indépendants (participation à leur Université d’été 2024)
  2. AISA-Association Internationale Soufie Alâwiyya  (inactif)
  3. AJMF-Paris – Amitié Judéo-Musulmane de France à Paris (dans le cadre de la Cinpa et du chantier “Spiritualité(s)”)
  4. Artisans de Paix (inactif)
  5. Amis des Editions de l’Atelier (dans le cadre du partenariat éditorial avec L’Atelier)
  6. Les amis de La Vie (groupe local Grenoble et Nantes ?)
  7. La Cinpa – Coordination interconvictionnelle du Grand Paris (adhésion)
  8. Cités d’Or (inactif)
  9. CMR – Chrétien en monde rural (dans le cadre des partenaires du Pacte civique)
  10. Coexister
  11. Compostelle Cordoue
  12. CMRP – Conférence mondiale des religions pour la paix  (dans le cadre du chantier “Spiritualité(s))
  13. Culture Espérance Roquette (inactif)
  14. CCSC (Comité chrétien de solidarité avec les chômeurs)
  15. Dialogues en humanités Lyon (participation annuelle)
  16. Écritures et spiritualités
  17. Enquête (inactif)
  18. Esprit civique
  19. Le Forum 104 (adhésion)
  20. GIP 78 – Groupe interreligieux pour la paix 78
  21. Centre culturel de La Gorge (contribution à des conférences)
  22. GREP Midi-Pyrénées – Atelier Société et Spiritualités
  23. Hermenéo (inactif)
  24. Le Labo de la fraternité (adhésion)
  25. La ligue de l’enseignement (inactif)
  26. LVN-La vie nouvelle
  27. Odas-Observatoire national de l’action sociale (organisme dissout)
  28. Le Pacte civique (membre fondateur, adhésion)
  29. Paroles de chômeurs (collectif d’associations animé par le CSCC – en suspens)
  30. Les Poissons roses
  31. Poursuivre (convention)
  32. Prieuré Saint Benoît d’Etiolles (participation à un cycle de conférences)
  33. Centre culturel et spirituel de Saint Jacut (pour l’interfestival des convictions et religions)
  34. Sauvons l’Europe
  35. SNC-Solidarité nouvelle contre le chömage (inactif, sauf Paroles de chômeurs)
  36. Le Sésame (inactif)
  37. Témoignage chrétien (autorisation de reprises d’articles dans la Lettre)
  38. La Traversée (inactif)
  39. Wesignit (inactif, plateforme en suspens)

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