Bref !

Aux ARM, citoyen.e.s invisibles des urgences

Entendu sur France Culture ce matin : « 69 Samu sur 100 » touchés par la grève des assistants de régulation médicale, selon l’Afarm.

On a découvert le rôle essentiel joué par les assistants de régulation médicale (Arm) dans la régulation des urgences à l’occasion de la dramatique affaire Naomi Musenga à Strasbourg en décembre 2017. Suite à cet « événement indésirable grave » -selon le terme un peu euphémique utilisé en santé publique pour qualifier ce type de dysfonctionnement- et au rapport de l’Igas auquel il a donné lieu, les « Arm » sont un peu sortis de l’ombre : une obligation de formation d’un an a été mise en place en 2018 pour ces personnels hospitaliers et ils sont, depuis 2023, reconnus comme relevant des professions de santé.

Nouvelle manifestation de la crise des urgences, leur grève est une illustration du fait que ces évolutions, pour positives et nécessaires qu’elles soient, ont d’autant moins réglé le problème que ces Arm sont fortement sollicités pour apporter une réponse à cette crise. En effet le Service d’accès aux soins (SAS) mis en place par le précédent ministre chargé de la santé, le Dr François Braun (auparavant président de Samu Urgences de France), et qui est normalement un passage obligé avant de se rendre aux urgences, repose pour l’essentiel sur ces professionnels.

Bien sûr, il faut mieux organiser le recours aux urgences et aussi d’accès à une « permanence de soins » (elle-même largement théorique dans nombre de région), et l’on ne peut que regretter de ce point de vue que l’exécutif ait abandonné le projet (initialement porté par Emanuel Macron en 2018) d’un numéro unique : le 112. Mais cette optimisation nécessaire ne suffira pas : la crise des urgences, symbolique de la crise hospitalière, ne se réglera pas dans le cadre d’une régulation de l’Ondam qui s’apparente plus à une forme de rationnement que d’optimisation de la dépense. Les perspectives envisagées pour le PLFSS pour 2014 ne laissent pas à penser qu’on en prenne le chemin.

Paris, Croulebarbe, le 14 août 2023

 

 

 

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