Bref !, Lu, vu, entendu

L’étrange cas du Pr Oppenheimer & du Dr Folamour

Il paraît que celui qui a inventé la bombe atomique, il aimait vachement les gens ! Alors arrête de me rendre service, tu veux ?

En allant voir le 15 août le film de Xavier Nollan« Oppenheimer » je me suis souvenu que le péril nucléaire a été, je crois, l’angoisse de ma génération  : une sorte de nucléaro-anxiété, comme il y a aujourd’hui une éco-anxiété.

C’est un autre film, de Stanley Kubrick celui-ci, Docteur Folamour (ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe, en anglais « Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb »), vu à la fin des années soixante au Cinéclub de la MJC de Noeux les mines, et suivi d’une conférence s’appuyant sur les bombardements massifs de la ville de Dresde, qui m’avait fait prendre conscience, à l’âge adolescent, des risques d’une conflagration nucléaire.

Depuis la fin de la guerre froide, cette angoisse qui avait déjà sérieusement diminué, a cédé le pas devant l’angoisse écologique. Si elle est redevenue d’actualité avec les menaces de Poutine d’utiliser l’arme nucléaire dans le conflit en Ukraine,  le risque de collapsologie s’est déplacé vers un autre dégagement de chaleur, moins brutal que celui de la bombe, mais plus insidieux et peut-être mortifère encore pour l’humanité. Peut-on espérer, si les conditions de viabilité humaine sur la planète sont altérées par ce lent cataclysme, qu’elles permettent néanmoins à la prophétie pessimiste d’Einstein de se réaliser : « Il se peut que les deux-tiers de la population du globe soient tués, mais il restera assez d’hommes capables de penser et assez de livres pour permettre à l’humanité un nouveau départ et à la civilisation d’être restaurée ». 

Car, pour continuer à le citer « la libération de l’énergie atomique n’a pas posé un nouveau problème, elle a simplement rendu plus urgente la nécessité d’en résoudre un qui était déjà connu » (et que, soit dit en passant, nous n’avons pas réussi à résoudre depuis quatre-vingts ans : la guerre), alors que le réchauffement planétaire est un problème nouveau pour l’humanité.

En tout état de cause cette nouvelle menace globale pour redonne de l’actualité à sa proposition d’un gouvernement mondial. Même si, hélas, nous n’en prenons pas le chemin.

 

Paris, Croulebarbe, le 15 août 2023 (terminé le 25 août dans le train de Cahors à Rodez)

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