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Fonctionnaires : Retailleau et le jeu de bonneteau.

 » Je pense qu’on peut diminuer autour de 250 à 300 000 fonctionnaires » a affirmé Bruno Retailleau, le 27 août 2026 lors du débat organisé à Roland Garros par le Medef. Bien sûr la première question qu’on se pose c’est où les prend-on ? Chez les policiers ou les gendarmes (à peine plus de 250000) ? les militaires ? les enseignants ? ou encore les hospitaliers ? Que nenni ; fort de l’incapacité de la droite et de l’extrême centre à tenir ce type de promesse dans les temps passés, le candidat républicain a aussitôt précisé : « le statut pour le régalien, le contrat pour les autres. ».

Après tout pourquoi pas ? En tous cas la question pourrait être posée : les quelques 180 000 agents qui gèrent le service public de la sécurité sociale sont sous contrat de travail et non sous statut et sont souvent mieux traités sur le plan social que les fonctionnaires. Mais dans ce cas pourquoi se limiter à 300 000 agents car le régalien ne concerne qu’un tiers environ des quelques 2,6 millions de fonctionnaires d’Etat, une petite partie (pompiers, état civil) des quelques 2 millions de fonctionnaires territoriaux, et quasiment aucun des 1,25 millions des fonctionnaires hospitaliers. On pourrait donc appliquer le principe affiché aux quelques cinq millions d’agentsdes trois fonctions publiques qui s’attachent à rendre, dans des conditions d’ailleurs de plus en plus difficiles, les différents services publics.

En fait cela permettra, tout au plus, de mettre fin (un tout petit peu) plus facilement au contrat de travail, en utilisant la procédure de licenciement plutôt que celle de la révocation particulièrement difficile à mettre en œuvre.  Mais sans aucun effet sur la dépense publique ; au contraire puisqu’il faudra bien payer, probablement un peu plus qu’actuellement, les agents correspondants et en recruter dans les secteurs en déficit. Et avec de surcroit une capacité plus importante pour les syndicats et les institutions représentatives du personnel de négocier.

Je ne sais pas ce qu’ont compris des patrons qui, bien souvent, ne portent pas les fonctionnaires dans leur cœur et que ce discours visait, comme celui d’Edouard Philippe, à les brosser dans le sens du poil. Mais on voit bien ce à quoi ce jeu de bonneteau de Retailleau visait à leur faire croire : supprimer en « supprimant » les fonctionnaires, la dépense correspondante, alors qu’elle restera, pour l’essentiel on l’espère, dans la masse salariale des collectivités publiques. Autrement dit un mensonge.

La Charité, le 28 août 2026

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