« Elle coûtera, la réforme que je propose, neuf milliards d’euros en année pleine. Vous me direz, c’est un déficit supplémentaire, c’est un choix de société » a affirmé Marine Le Pen sur le court central de Roland-Garros le 27 août devant un parterre de patrons rassemblés par le Medef, à propos de son projet de réforme des retraites. Et d’ajouter : « Assumons les choix de société, moi je les assume. »
Je dois dire que je suis d’accord avec elle sur ce point : les choix en matière de retraite, comme de protection sociale en général, sont d’abord des choix de société avant d’être des choix économiques. Mais pas sur la suite : assumer ce n’est pas accepter de creuser davantage le déficit de la sécurité sociale. Elle devrait dire aussi comment elle finance ce programme autrement que par de la dette. Et qu’elle ne nous dise pas que ce sera avec les 11,9 Mds € qu’elle pense récupérer sur la Sécurité sociale des migrants, d’abord parce que ces chiffres sont faux et que de surcroît ils ont déjà été crédité par le RN à la diminution du déficit de la Sécu. Sans oublier qu’en introduisant le principe de la préférence nationale, ces dispositifs remettraient en cause les principes fondamentaux de notre droit.
Là encore c’est mentir que de penser que ce type de mesure est gratuite. L’honnêteté serait de dire de combien on devrait augmenter les cotisations sociales pour équilibrer le régime des retraites tant ce type de dépense n’est pas un investissement mais de la redistribution. Ou peut-être davantage relancer une réforme analogue à celle dynamitées par Edouard Philippe avec un régime unique à point qui a le mérite de clarifier l’arbitrage démocratique entre ce qu’on cotise et ce qu’on reçoit.
La Charité sur Loire, le 27 août 2026
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