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Edouard Philippe et l’open bar des arrêts de travail

« Mettre fin à l’open bar des arrêts de travail. » C’est le « projet » annoncé par Édouard Philippe, hier 27 août à Roland-Garros devant un parterre de patrons lors de l’Université de rentrée du Medef, pour mettre fin à leur « dérive ».

Autrement dit « les salariés feraient exprès d’être en dépression, d’avoir un virus contagieux ou de développer un cancer ». Toutes celles et ceux qui sont arrêtés pour diverses pathologies et incapables d’aller au travail apprécieront : ce sont tous des fainéants. Loin de moi l’idée, je l’ai déjà écrit ici,  qu’il n’y ait pas d’abus en matière d’arrêts de travail : c’est ce qui m’avait conduit, il y a plus de vingt ans maintenant, à relancer les contrôles des prescripteurs avec un effet immédiat sur la courbe des arrêts de travail qui s’était inversée dès après trois mois. Mais cette composante des abus n’explique pas la croissance actuelle des arrêts de travail ; la preuve : les méthodes beaucoup plus intrusives dans la pratique des médecins qui ont été mises en place avec  la mise sous objectifs (MSO) n’ont pas, malgré les biais interprétatifs sur lesquelles elles s’appuient et leur violence vis à vis des médecins, permis de réduire cette croissance.

Non, les causes profondes sont ailleurs et pas dans un refus du travail dont le mythe vient d’être magistralement déconstruit dans un des chapitres de « La guerre civile n’aura pas lieu« . Les entreprises ne sont à l’évidence pas les seules responsables de ces évolutions mais leur patrons sont souvent aveugles sur les facteurs professionnels qui les favorisent comme les risques psycho-sociaux. La Cnam aujourd’hui dirigée par un des anciens collaborateurs d’Edouard Philippe et dont je n’imagine pas qu’il n’a pas gardé des contacts avec lui a en revanche les moyens de les mesurer pour les entreprises de plus de 300 salariés. Appeler les employeurs à prendre conscience de leur part de responsabilité aurait peut-être été plus digne d’un homme d’état que de les caresser dans le sens du poil dans la main dont ils sont persuadés qu’il caractérise une grande partie de leurs salariés.

Dans le train pour La Charité sur Loire, 28 juin 2026

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