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Écocide, écocide ! Vous avez dit crime contre l’humanité ?

Crime contre l’humanité : c’est ainsi qu’un couple de sociologues vaticinateurs et vieillissants ont qualifié la réforme des retraites. On peut, bien sûr, être opposé à cette réforme, pour des tas de bonnes ou de mauvaises raisons ; de là à vouloir en traduire les promoteurs devant la cour pénale internationale, il y a un fossé que ne pourrait combler l’indécence de cette qualification dans les colonnes du journal fondé, il y a un peu plus d’un siècle, par Jean Jaurès.

Et pendant ce temps là, après l’Amazonie et la Sibérie, « la maison brûle »en Australie dans le cadre d’un écocide de masse qui constitue lui, un véritable crime contre l’humanité, contre l’espèce humaine. On aurait aimé que dans ce domaine, Jacques Chirac soit un peu moins prophète et un peu plus homme d’État, comme il avait su l’être sur la question irakienne. On aurait surtout aimé que le crime d’écocide soit reconnu, tant au niveau international qu’au niveau national. On le sait peu, mais cette question s »est posée dès 1947 au niveau de l’Onu, et encore dernièrement en France, où elle a été rejetée, tant par le Sénat au printemps que par l’Assemblée au mois de décembre dernier.

On aimerait aussi qu’un nouveau Zola dresse l’acte d’accusation contre les auteurs de ces crimes. Non pas ceux qui ont, peut-être, généré l’étincelle qui a mis le feu à des forêts devenues inflammables à grande échelle. Non plus l’ensemble des habitants de la planète, nous tous, qui ont leur part en participant à cette banalisation du mal planétaire que constitue notre modèle de croissance ; car le droit est simplificateur, il cherche des responsables et des coupables, là où les chercheurs analysent des causes systémiques. Peut-être alors les entreprises qui ont créé les conditions pour que la planète devienne inflammable.

Mais d’abord et surtout ceux dont c’est la première responsabilité : les gouvernements du monde entier qui n’arrivent pas à mettre en œuvre les mesures qui permettraient d’éviter l’embrasement final. Tous les gouvernements, même ceux conscients de l’enjeu comme le nôtre, pour leur inaction dans « l’Affaire du siècle ». Mais d’abord et surtout les criminels négationnistes : Scott Morison en Australie, grand défenseur de l’industrie charbonnière, Jair Bolsonaro au Brésil grand destructeur de forêt, Vladimir Poutine en Russie grand promoteur des énergies fossiles, et bien sûr le leader mondial du parti négationniste, habitué à jouer avec les allumettes au « quatre coins » de la planète, un certain Donald Trump, président des États-Unis d’Amérique.

Paris, le 12 janvier 2020

 

 

 

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